Journée mondiale des réfugiés : « Jusqu’à ce que chacun soit en sécurité »

Dans un monde où les guerres, les persécutions et les crises humanitaires continuent de contraindre des millions de personnes à fuir leur foyer, la Journée mondiale des réfugiés a été instaurée afin de rappeler que le droit de chercher la sécurité n’est pas un privilège, mais un droit humain fondamental. Sous le message central de cette année, « Jusqu’à ce que chaque personne soit en sécurité », le HCR appelle les jeunes générations à défendre le droit d’asile.

Il ne s’agit pas seulement d’un message de solidarité, mais d’un appel à l’action. Pour les 42 millions de réfugiés dans le monde aujourd’hui, ce droit représente une bouée de sauvetage. Il fait la différence entre la peur et la protection, entre le désespoir et l’espoir, entre la vie et la mort.

Plus de 120 millions de personnes déplacées de force dans le monde

Comme chaque année, à la veille de la Journée mondiale des réfugiés, le HCR a présenté son rapport annuel sur les déplacements forcés. Selon celui-ci, 123,2 millions de personnes étaient déplacées de force dans le monde à la fin de 2024, en raison des persécutions, des guerres, des violences, des violations des droits humains ou d’événements ayant gravement perturbé l’ordre public.

Parmi elles, 42,7 millions étaient des réfugiés, tandis que les personnes contraintes de fuir leur domicile tout en restant dans leur propre pays atteignaient 73,5 millions, un chiffre record. Par rapport à la fin de 2023, le nombre total de personnes déplacées de force a augmenté de 7 millions (6 %).

Les demandeurs d’asile en attente d’une décision au 31 décembre 2024 s’élevaient à 8,4 millions, soit une hausse de 22 % par rapport à l’année précédente et le niveau le plus élevé jamais enregistré.

Il est clair que nous sommes à un tournant critique de la question des déplacements forcés. Le HCR souligne la nécessité d’une approche plus cohérente afin que la charge de l’accueil et de la gestion des populations déplacées ne repose pas uniquement sur un nombre limité de pays. 85 % des réfugiés sont accueillis dans des pays en développement plutôt que dans le monde occidental, tandis que 80 % restent dans des pays voisins du leur. En outre, les deux tiers des personnes déplacées de force sont déplacées à l’intérieur de leur propre pays.

Parmi les millions de réfugiés, plus de 20 % sont des Palestiniens, tandis qu’environ 60 % relevant du mandat du HCR proviennent de la Syrie, de l’Afghanistan, du Soudan du Sud, du Myanmar et de la Somalie. La grande majorité vit en milieu urbain et est jeune, avec 53 % d’enfants. La Turquie reste le premier pays d’accueil en nombre absolu (3,5 millions de réfugiés), tandis que le Liban accueille la plus forte proportion de réfugiés par rapport à sa population. Au total, 63 % des réfugiés relevant du mandat du HCR sont accueillis par seulement dix pays dans le monde.

La « Convention de 1951 relative au statut des réfugiés »

La première célébration de la Journée mondiale des réfugiés a eu lieu en 2001, à l’occasion du 50ᵉ anniversaire de la signature de la « Convention relative au statut des réfugiés ».

Cette Convention a été adoptée à la suite de la Seconde Guerre mondiale et est également connue sous le nom de Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Il s’agit d’un traité multilatéral adopté par les Nations Unies qui définit qui est considéré comme réfugié, établit les droits des personnes bénéficiant de l’asile et précise les obligations des États qui l’accordent. La Convention repose sur l’article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, qui reconnaît le droit de toute personne de demander l’asile dans d’autres pays. Aujourd’hui, le droit international définit les réfugiés comme des personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas retourner dans leur pays d’origine en raison d’une crainte fondée de persécution liée à la race, la religion, la nationalité, les opinions politiques, l’appartenance à un groupe social particulier, voire l’orientation sexuelle.

Malheureusement, comme le montre la réalité actuelle, ces dispositions ne sont souvent que des textes sur le papier. Dans la pratique, les droits sont violés quotidiennement et, dans de nombreux cas, cela se produit même par des politiques officielles des États, avec la tolérance de la communauté internationale. En 2026, les guerres, la violence, les inégalités économiques et les persécutions à l’échelle mondiale contraignent plus de personnes que jamais à quitter leur foyer et leur pays.

Ainsi, bien que la Journée mondiale des réfugiés soit célébrée le 20 juin, pour les réfugiés du monde entier, les jours de célébration semblent encore lointains.

La montée des nationalismes, du racisme et de l’intolérance, combinée aux conditions dans les pays d’accueil et à des politiques migratoires souvent incohérentes et profondément toxiques, perpétue le cercle vicieux de la tragédie des réfugiés. De la criminalisation des réfugiés dans différents pays et des centres de détention jusqu’aux barrières toujours plus nombreuses aux frontières de l’Europe, les réfugiés continuent de souffrir et de perdre la vie en mer et sur terre dans leur quête de protection vers l’Occident.

La Journée mondiale des réfugiés nous rappelle… mais y a-t-il encore de l’espoir ?